Skip to main content

PILI : des pigments biosourcés

Guillaume Boissonnat, directeur scientifique, nous parle de PILI, une jeune entreprise innovante de biotechnologie créée en 2015 dont la mission est de développer et de produire des colorants et des pigments renouvelables pour l’industrie.

L’idée de créer ces colorants est née au laboratoire communautaire La Paillasse, créé par Thomas Landrain, ancien CEO de PILI et Marie-Sarah Adenis, actuelle directrice de la création. Au début, le but était de fabriquer un stylo dans lequel des bactéries produiraient de l’encre de couleur et que l’on alimenterait avec du sucre. D’un point de vue technique, le projet s’est avéré trop complexe. En revanche, la question de l’impact écologique des pigments a engendré la création de PILI.


L’élément clé ? La pluridisciplinarité

En tant que directeur scientifique, les missions de Guillaume Boissonnat sont très variées. Elles couvrent des activités scientifiques telles que la biologie, le génie des procédés, la chimie organique ou la toxicologie mais également des activités financières ou commerciales. Ses compétences acquises à l’Ecole polytechnique et à travers des stages dans l’industrie, notamment pharmaceutique, lui ont permis de devenir très polyvalent. L’X lui a aussi permis de développer un réseau, qui s’est avéré très utile.
Selon lui, un bon entrepreneur se doit d’être curieux, sûr de soi, aventureux, organisé et ne doit pas avoir peur. L’état d’esprit est également très important.

« Une startup, c’est des gens qui se mettent ensemble pour faire des choses qu’ils ne savent pas faire » Guillaume Boissonnat, CSO de Pili

un

La recette ? De l’eau, du sucre et de la matière végétale

De nos jours, la synthèse des pigments et des colorants est faite à partir de matières premières pétrosourcées et qui génèrent beaucoup de CO2 et de déchets. La mission de PILI est de changer ce mode de production grâce à la fermentation de microorganismes, capables de fabriquer des molécules très proches de celles créées par le pétrole. Au lieu de faire de la synthèse organique avec des matières fossiles, le microorganisme fermente dans l’eau, à température ambiante et consomme uniquement du sucre ou des matières végétales.  Grâce à ce procédé, les pigments biosourcés sont cinq à dix fois moins polluants que les pigments classiques.

PILI cible les secteurs industriels qui consomment le plus de pigments et colorants, et donc qui émettent le plus de CO2 et sont les plus polluants. Textiles, peintures, encres et plastiques constituent l’immense majorité des volumes de couleurs consommées dans le monde. L’industrie cosmétique et alimentaire ne représentent pas des marchés très stratégiques du point de vue de la réduction de l’empreinte environnementale de ces produits.

La première production de colorants chimiques ayant eu lieu en 1856, entrer sur un marché déjà bien ancré n’est pas toujours chose facile et PILI s’en est vite rendu compte. L’entreprise a rencontré certaines barrières, qu’elles soient techniques, commerciales ou encore par rapport à la perception de leur produit par le marché, mais les a toujours surpassées.

2

Les débuts de l’industrialisation

En plus de produire des pigments écologiques, PILI a choisi des usines françaises ou européennes pour valoriser des matières premières végétales locales. Les usines basées en Asie ne respectent parfois pas les normes de sécurité environnementale et peuvent, depuis quelques années, être fermées du jour au lendemain par les gouvernements afin de se mettre aux normes. Il devient donc stratégique pour les industriels de sécuriser leur chaîne d’approvisionnement avec des fournisseurs plus proches, en Europe ou en France.

PILI a levé 4 millions d’euros en avril 2021 qui vont permettre de lancer la mise à l’échelle industrielle des premiers produits, un produit textile et un pigment de peinture, le but étant de les commercialiser en 2022. Cette industrialisation a également comme finalité de prouver que les pigments et colorants de PILI se comportent comme les pigments pétrosourcés, et qu’ils ont donc les mêmes performances tout en étant moins polluants. En plus de tester les premiers produits avec des clients, l’objectif de la société est de continuer à développer ses gammes pour les peintures, les encres et les textiles. En effet, il est nécessaire de proposer une large variété de teinte aux clients.