Deeptech | Apporter des solutions aux défis du 21ème siècle

Photographie © École polytechnique – J.Barande

 

X-Entrepreneurship lance sa série sur les mots-clés de l’entrepreneuriat et de l’innovation. Pour le second, nous nous intéressons à la deeptech, dont les entreprises proposent des innovations de rupture. Découvrez exactement ce que c’est, son développement dans le monde et en France et des exemples de start-up de l’École polytechnique.

 

Qu’est-ce que la deeptech?

La deeptech désigne des entreprises ou des start-up qui proposent des innovations de rupture, par le biais de services ou de produits nouveaux. Ces technologies ont pour but d’apporter des solutions aux défis du 21ème siècle, aux enjeux de santé, de société ou encore d’environnement. Cela peut être la lutte contre le cancer ou contre le réchauffement climatique. Sa phase de R&D est généralement longue, puisqu’il s’agit de véritables révolutions dans des secteurs divers.


Les secteurs de l’innovation

La deeptech ne se limite pas à un secteur en particulier : tous les domaines peuvent être concernés dès lors qu’ils ont besoin de changements profonds, d’innovations de rupture. Généralement, on en retrouve dans l’informatique, la robotiquel’intelligence artificielle, la biologie, la chimie, l’électronique, la médecine, les nouveaux matériaux ou encore la photonique. La France est très présente dans ces deux derniers secteurs.

 

Quelle est la différence entre tech et deeptech ?

Vous vous demandez peut-être comment différencier tech et deeptech ? On peut le résumer ainsi : la première s’appuie sur une technologie déjà existante, alors que la seconde crée une véritable rupture technologique et scientifique, grâce à des innovations.

Pour la tech, on peut prendre l’exemple de Blablacar : le covoiturage a effectivement été une innovation dans le monde du partage. Mais l’entreprise s’est basée sur une technologie existante : les plateformes.

La deeptech, au contraire, s’appuie sur des avancées technologiques et scientifiques pour créer de nouvelles techniques. C’est cela, l’innovation de rupture. On peut prendre l’exemple de la start-up G-Therapeutics, qui a inventé un implant à positionner dans la colonne vertébrale pour permettre aux personnes paralysées de marcher de nouveau : une véritable révolution dans le domaine médical.

 

Le référentiel de la deeptech

BPI France, dont l’objectif est de faire de la France une “Deeptech Nation”, s’intéresse de près à ces projets. En janvier 2019, ils ont lancé un Plan Deeptech afin de démultiplier les actions de soutien aux start-up françaises : 1500 start-up d’ici 2023. BPI France a alors créé un cadre pour identifier les projets d’innovation de rupture, le “référentiel Deeptech”. Il se base sur 4 critères :

– le lien avec la recherche ;
– la capacité à lever des verrous technologiques ;
– la création d’un avantage fortement différenciateur ;
– le go-to-market long et complexe.

>> Découvrez X-UP, l’incubateur de Deeptech de l’École polytechnique

 

La deeptech dans le monde

Au niveau mondial, les États-Unis sont à la pointe avec plus de 4000 entreprises deeptech. Cependant, ce chiffre risque de ralentir dû à la baisse des investissements publics. La Chine, en deuxième position avec 750 entreprises et un investissement colossal, ne devrait donc pas tarder à rattraper le géant américain.L’Europe n’est cependant pas en reste grâce à la renommée de ses chercheurs et de ses ingénieurs. L’Allemagne comptabilise 455 entreprises, le Royaume-Uni 435 et la France 241. Grâce au soutien de BPI France, le nombre de deeptech en France devrait rapidement croître.

 

La deeptech en France

Si la France se classe troisième dans les deeptech en Europe, elle a encore du mal à décoller et à trouver des investisseurs. C’est pour cette raison que BPI France a décidé d’encourager l’innovation de rupture, pour bouleverser le monde de demain. Les entreprises françaises sont majoritairement présentes dans la photonique (13% des startup mondiales de ce secteur sont françaises) et dans les nouveaux matériaux (10%). Elle reste à la traîne sur la robotique (7%), l’intelligence artificielle (6%), la biotech (5%) et la blockchain (4%).Elles attirent également peu d’investisseurs, même si 61% d’entre eux classent la France dans le Top 5 des destinations dans lesquelles investir pour la Deeptech3. Les start-up de la photonique ne représentent que 5% des investissements mondiaux, par exemple.

 

Comment sont financées les deeptech ?

Si on associe souvent start-up et deeptech, ce n’est pas toujours vrai : ces projets demandent des moyens colossaux pour la R&D et l’industrialisation. Jusqu’à récemment, il n’y avait que des grands groupes, des centres de recherche et des multinationales positionnés sur la deeptech. C’est le cas d’IBM, leader sur l’ordinateur quantique. Aujourd’hui, la deeptech n’est plus réservée à ces grandes entreprises : les start-up peuvent y prétendre, grâce à des financements extérieurs. Bien qu’ils soient difficiles à obtenir du fait du risque de marché et du risque technologiques, il existe des dispositifs de financement adaptés à l’innovation de rupture, majoritairement publics. Certaines sont également financées par de la love money, des levées de fonds ou des incubateurs. Au niveau mondial, les investisseurs privéscommencent à voir leur potentiel et à investir dans la deeptech (augmentation de plus de 20% par an entre 2015 et 2018) : on peut espérer une évolution en France dans les années à venir, par des investisseurs compétents dans ces domaines.

 

Exemples de start-up deeptech de l’École polytechnique

 

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