Skip to main content

Peacock, trait d'union technologique entre étudiants et PME

Rencontre avec Indiana Valerian, CEO de Peacock.

Indiana Valerian est le CEO et le fondateur d'ANTS. Il a étudié la physique à la très réputée EPFL de Lausanne, en Suisse, et a obtenu un diplôme de physicien à l'université de la Sorbonne (Paris).
C'est un jeune entrepreneur enthousiaste qui a le talent de réunir de grandes équipes et de gérer des projets. Il est également très passionné par l'intelligence artificielle et par ce que son développement futur pourrait apporter à l'humanité.
Indiana a fondé en 2016 Peacock Solutions SARL, une société offrant des services de développement d'IA aux PME en Suisse et en France. La particularité de Peacock Solutions est que tous les employés sont des étudiants en Master ou PHD à l'EPFL. Après quelques mandats, en raison de sa simplicité et de son attractivité, le modèle a été exporté en France et dupliqué à l’École polytechnique de Paris.
Peacock Solutions a été la première société privée à établir en 2018 un accord commercial avec l'EPFL pour l'exploitation de leur supercalculateur SCITAS pour l'entraînement de réseaux neuronaux.

  • Quel est le pitch de votre startup et comment vous est venue l’idée de ce projet ?

Peacock est une plateforme se déployant dans les campus européens qui permet de réunir les PME et les étudiants pour démocratiser le déploiement de l’Intelligence Artificielle.

À la fin de ma première année de Physique à l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne, j’ai trouvé une manière de résoudre un problème auquel était confrontée une PME pendant un stage d’été. J’ai utilisé les premières approches de Machine-Learning que je connaissais et elles ont réglé très rapidement des soucis, pratico-pratiques, que les PME rencontrent avec leurs bases de données. Fier de ce premier contrat, j’ai monté l’entreprise Peacock et appelé mes cinq amis physiciens. Je me suis vite rendu compte que nous avions une demande, mais aussi une offre. En effet, si nous, étudiants travaillant en équipe, arrivions à ces résultats, il était donc possible de généraliser le processus. C’est comme ça que Peacock est devenue une plateforme pour réunir les PME et les étudiants sur des projets d’IA. Il fallait ensuite assurer un cadre qui protège l’étudiant et lui assure une rémunération correcte et contractuelle.

J’ai commencé mon cursus de physicien à l’EPFL et je l’ai fini à la Sorbonne. Lorsque je suis arrivé à Paris en septembre 2018, j’ai vite compris la situation économique de mes camarades étudiants, et il n’a pas fallu longtemps avant que je décide de déployer cette solution remettant l’étudiant au centre. Vous me direz que ce n’est pas stratégique de communiquer sur Peacock en disant que ce sont les étudiants qui sont ma priorité, et je vous répondrai que ce n’est que en les réunissant, en les valorisant et en les protégeant que l'on arrive à développer des IA qui répondent aux exigences de l’industrie.

 

  • Un échec, des difficultés ? Comment vous avez rebondi ?

Étant moi-même étudiant travaillant pour payer ma scolarité, je savais ce qu’il faut pour survivre, et j’ai donc proposé à tous les étudiants travaillant avec nous une bonne rémunération en coupant dans la marge bénéficiaire. J’ai fait une erreur de débutant; en travaillant avec des étudiants, j’ai mis en avant l’excellence mais également le côté abordable des projets. Ce n’est qu’après quelques contrats non-signés où on me répondait la même chose : « En fait, on est un peu short, vous pourriez nous faire un prototype en une semaine et on regarde après ? », que j’ai compris.

J’ai proposé des prix bas, donc j’ai attiré une clientèle avec peu de marge de manœuvre. Et moi, j’ai trop de respect pour mes étudiants pour leur faire le coup de « c’est la startup-nation, tu verras on te payera après ». Ceci a été un frein, puisqu’un projet réussi est avant tout le résultat d’une bonne planification des ressources, qui se prête mal aux courts projets. Nous avons revu notre approche et intégré le workflow « startup » dans notre offre.  Cependant, c’est cette même approche de travail « organisé & distribué » qui nous a permis d’avoir une élasticité nous permettant de rester ouvert au monde compétitif des startups de services alors que l’économie était au plus bas. Les PME ont d’autres priorités en période de crise, que d’investir dans des nouvelles technologies. Mon approche repose sur de faibles coûts d’exploitation fixes et une charge salariale variable et dépendante du cashflow. Lorsqu’il a fallu se mettre en mode « survie », assurer la continuité de Peacock n’a pas été trop difficile.

Aujourd’hui, notre capacité à pouvoir monter des projets en se reposant sur des ingénieurs répartis à plusieurs endroits est une force compétitive puisque nous avions déjà cette même approche avant que les circonstances ne l’exigent.

 

  • Quelles-sont les évolutions et les nouveautés à venir ?

Nous avons ouvert nos bureaux à l’EPFL en 2018 et à X-Tech en 2019, la pépinière d’entreprises pour les startups technologiquement matures de l’École polytechnique. Nous voulions nous déployer sur le campus de Cambridge pour 2020, mais ce plan a été reporté pour une durée indéterminée. La prochaine étape est la rentrée de septembre 2021. Rien ne me ferait plus plaisir qu’une collaboration avec l’École 42. Ayant fini mes études, je ne remplis plus la condition nécessaire pour travailler chez Peacock. C’est donc un autre étudiant qui prendra ma relève à la tête de Peacock à la rentrée académique. Je laisserai le soin au nouveau comité de choisir la stratégie la plus adéquate. Je suis actuellement en transition sur mon prochain projet.

 

  • Comment imaginez-vous la start-up dans quelques années ?

J’ai toujours su que la vraie valeur de cette startup est sa capacité à réunir des gens brillants sur des projets qui représentent de vrais challenges dans l’industrie. Je souhaite voir cette même tradition se déployer dans de plus en plus de campus. Plus que jamais, regrouper des étudiants, de spécialisations différentes pendant l’effervescence de la vie universitaire est un accélérateur d’innovation.

 

  • Si vous deviez qualifier votre expérience au sein de l'X-Novation Center en un mot ?

Fondamentale. Rien de ceci ne serait possible sans le soutien massif de X-Tech qui nous offre non seulement des locaux à des prix étudiés pour aider activement les startups, mais également, un écosystème vivant qui nous permet de rester continuellement à jour sur les dernières innovations.

 

  • Que vous apporte votre présence au sein de X-Tech ?

X-Tech est avant tout un gage de qualité. Travailler avec des étudiants est une chose, travailler avec les meilleurs en est une autre. L’Ecole polytechnique est une impressionnante institution à la hauteur de sa réputation. Notre présence au sein de l’X-Tech et de manière plus générale, notre présence dans les campus a pu rendre tout ça possible sur les 3 dimensions nécessaires à la création d’IA :

  • La première chose dont nous avons besoin, c’est d’algorithmes de machine learning. La technologie est connue, et c’est dans les campus qu’on trouve le plus de documentation et de savoir-faire sur ce point.
  • La deuxième chose ce sont les datas, et plus que jamais, travailler avec des ingénieurs avec une solide formation académique et fraîche permet d’apporter des solutions pour trouver ou déduire des datas.
  • La dernière chose, et la plus importante, c’est la puissance de calcul. Entraîner des IA demande du matériel spécifique, et notre accord d’exploitation commerciale avec le supercomputer SCITAS de l’EPFL pour entrainer nos réseaux de neurones est un facteur déterminant. Peacock est un pont entre l’industrie et l’académie, mais Peacock est intrinsèquement dépendante des campus comme l’X-Tech qui nous supporte dans cette aventure !

 

  • Se lancer dans l'entrepreneuriat : quel a été votre déclic ?

Je l’ai voulu, mais je ne l’ai pas choisi. Je savais que j’aime profondément réunir les gens et ce n’est que bien plus tard que j’ai compris que c’était ça le facteur déterminant pour être un entrepreneur.

 

  • Quel type d’entrepreneur êtes-vous ?

Engagé et prévisible. Je suis quelqu’un de logique avec un objectif très simple, ce qui me rend très prévisible pour mon entourage.

 

  • Les qualités et compétences nécessaires de l’entrepreneur ?

L’empathie. Je ne fais pas partie de cette génération d’entrepreneur autoritaire. Je ne peux être le meilleur dans mon domaine que si je m’entoure des meilleurs. Les meilleurs ont tendance à savoir qu’ils le sont et méritent d’être reconnus comme tel en abordant une démarche collaborative et horizontale.

 

  • Votre devise ?

Si tu veux quelque chose, va le chercher.

 

  • Un conseil aux jeunes qui souhaitent se lancer ?

Si tu n’es pas prêt à accepter que tes 3 prochaines années vont être un sacrifice sur toutes les dimensions de ta vie, ne te lance pas. S’il y a plus précaire que la situation d’étudiant, c’est celle d’étudiant-startuper. Et si ceci ne te fait pas peur mon ami, c’est que ton projet en vaut le coup.

 

  • Quel a été votre parcours ?

Je m’appelle Indiana Valerian, je suis physicien. J’ai lancé Peacock pendant mes études et maintenant je commence une levée de fonds pour un extraordinaire projet d’IA. Je suis convaincu que l’IA doit être accessible à toutes les entreprises. Les PME sont un pilier fondamental de notre démocratie économique. Si nous ne proposons pas rapidement un outil permettant aux PME de rester concurrentielles avec l’IA, nous risquons de voir disparaitre cet acteur de notre économie et c’est une situation qui ne me convient pas du tout. J’ai une solution à ce problème et il est donc de mon devoir de faire tout ce qui est nécessaire pour éviter ça. Ma startup s’appelle ANTS, nous développons le tout premier smartcomputer. C’est un ordinateur révolutionnaire qui permet de déployer facilement des IA dans toutes les entreprises.

J’invite tous les scientifiques, ingénieurs et investisseurs, qui ne sont pas satisfaits par la direction que prend l’IA et la notion de confidentialité, à se joindre à mes équipes et construire ensemble la plus extraordinaires des IA.