Comment lancer une start-up hardware ? Interview d’Unsupervised

Par 22 octobre 2019Actu

Lancer une start-up hardware requiert un certain nombre d’étapes incontournables – tout comme quelques pièges à éviter. Pour y voir plus clair, nous avons rencontré Alexis Theallier, co-fondateur d’Unsupervised, une start-up spécialisée dans la conception et l’industrialisation de robots pour le e-commerce. Reconnue pour ses robots mobiles autonomes, l’entreprise a pu concevoir une partie de son projet au centre d’entrepreneuriat et d’innovation de polytechnique.

Passionnés de robotique et issus de la même école d’ingénieurs, Clément Jambou et Alexis Theallier ont fondé Unsupervised, une start-up qui développe une flotte de robots pour automatiser la manutention dans le e-commerce et révolutionner la logistique. Pour cela, ils utilisent une technologie software de navigation autonome. Les robots sont dotés d’une intelligence embarquée grâce aux capteurs, aux lasers et à des caméras 3D. Ils peuvent ainsi appréhender leur environnement, sont réactifs aux événements, et prennent des décisions complexes en temps réel. “Nous déployons nos robots dans des environnements industriels complexes, où ils doivent naviguer avec d’autres véhicules, croiser des humains, etc.”, explique Alexis Theallier. Mais avant de commencer à déployer leurs solutions sur le marché, les deux jeunes entrepreneurs sont passés par plusieurs étapes incontournables. Éclairage.

Le prototypage : une étape clé pour répondre aux besoins de ses futurs clients

Pour Alexis Theallier, l’une des priorités quand on élabore un projet hardware est de donner de l’importance au design dès la conception du produit : ”Nous rencontrons les clients, leur demandons quels sont leurs besoins, où ils perdent du temps, de l’argent, puis nous réfléchissons comment nous pouvons les aider avec notre savoir-faire pour créer le produit qui a le plus de sens”. Ensuite, “80% du travail est d’itérer les parties hardware qui embarquent le software. Puis, il faut montrer ce que l’on est capable de faire, ne pas avoir peur, même si le produit n’est pas encore parfait.”, continue Alexis Theallier. D’après lui, il ne faut donc pas hésiter à mettre la puce à l’oreille de potentiels clients, afin d’itérer rapidement, jusqu’à avoir un produit à développer, basé sur leurs besoins.

Pour le co-fondateur d’Unsupervised, “le piège classique consiste à produire son prototype dans son coin en attendant qu’il soit fonctionnel, alors qu’il faut justement le présenter à des industriels et à de potentiels clients pour le développer”. Il faut selon lui pouvoir industrialiser le produit rapidement, avec une qualité contrôlée et assurer une maintenance réactive. Tout cela en prenant en compte l’aspect économique et budgétaire : “L’objectif, c’est d’être capable d’en produire et déployer 1000 dans les 5 ans”.

La question du recrutement est également cruciale pour Alexis Theallier : “Il faut savoir s’entourer de personnes de confiance, créer un noyau dur qui partage la même vision du produit, du business”.

Le centre de l’X, l’Hax SF : deux tremplins relationnels importants pour la start-up

Pour développer leur projet, les fondateurs d’Unsupervised ont pu être accompagnés par le centre entrepreneurial de l’X. “Le centre nous a apporté un cadre de travail très agréable, des locaux avec de l’espace, beaucoup de salles, un fablab pour prototyper et faire des tests hardware”, souligne Alexis Theallier. Il nous explique également que le centre de l’X a été un véritable tremplin relationnel qui leur a permis d’échanger, de rencontrer des étudiants et de s’ouvrir à des opportunités de recrutement.

À cette aventure entrepreneuriale s’ajoute leur passage à l’Hax en Chine, un programme permettant aux start-ups hardware de se développer plus rapidement. “Cette expérience a duré environ 6 mois, avec des allers-retours entre la Chine et la France. Hax a été véritablement le début de l’entreprise et aussi un booster financier, puisqu’il est notre deuxième investisseur.”, raconte l’entrepreneur. En plus d’être un soutien financier, Hax  leur a été d’un très grand soutien psychologique : “Cette étape a été très importante pour rencontrer une communauté d’entrepreneurs voire même des mentors, qui ont été essentiels pour notre motivation. Nous avons sympathisé avec une communauté de passionnés, porteurs d’une vision. Et être à Shenzen, c’est aussi faire partie d’un écosystème, avec un immense réseau de sous-traitants pour prototyper rapidement, avant la mise en place des tests en France.”

La startup se fixe déjà des objectifs ambitieux pour l’année prochaine, “nous souhaitons recruter une équipe motivée et organisée pour produire et déployer une centaine de robots et en assurer l’opérabilité”, souligne Alexis Theallier. Les deux entrepreneurs ont également pour priorité de poursuivre la R&D pour “développer une famille de produits, garder une avance différenciante en terme de software et s’installer sur le marché comme un standard de la robotique industrielle”.