Fruition Sciences : le carnet de santé des vignes

Par 5 septembre 2018Actu

Après 3 années d’études à l’Ecole polytechnique, Sébastien Payen (X1998) s’envole vers les Etats-Unis et plus précisément dans la ville de Berkeley où il a réalisé son Master en Mechanical Engineering.

Le début des années 2000 est marqué par l’ascension de grandes entreprises (Facebook, Amazon, Google, Apple). La Californie s’active et devient une terre fertile pour l’entrepreneuriat. C’est ce dynamisme et les richesses de cette région qui ont donné à Sébastien l’envie de créer sa start-up Fruition Sciences.

 

  • Comment vous est venue l’idée de ce projet d’entreprise ?

Après mon master et une expérience professionnelle dans une start-up Biotech, j’ai eu envie de réaliser une thèse pour développer mes compétences et ma compréhension des capteurs, micro technologies et biotechnologies. Durant mon doctorat, j’ai fait des recherches sur des micro capteurs permettant de mesurer des niveaux de sucre et d’acide dans les fruits et notamment les raisins.

C’est lors de cette thèse que j’ai développé de l’intérêt pour le secteur vinicole et que j’ai su que j’allais créer mon entreprise. Pendant mes années de recherches, je suivais en parallèle des cours de Marketing et Stratégie à la Business School de Berkeley.

En 2006, j’ai rencontré mon associé : Thibaut Scholasch étudiant à Montpellier SupAgro réalisait une thèse en viticulture pour étudier l’irrigation de la vigne dans les vignobles en conditions arides (Sud de la France et Californie). En discutant, nous avons réalisé qu’il y avait un besoin en viticulture : la prise de décisions au vignoble basée essentiellement sur l’expérience et l’observation visuelle pouvait être hasardeuse et débouchait sur des résultats non optimaux. Forts de ce constat, nous avons décidé de créer Fruition Sciences pour apporter aux viticulteurs une information de qualité ancrée dans la collecte de données sur le terrain.

 

  • Le pitch de Fruition Sciences

Fruition Sciences est une plateforme qui intègre toutes les données qui proviennent de vignobles pour ensuite fournir aux viticulteurs et aux œnologues des tableaux de bords qui les aident à prendre leurs décisions. Ces décisions ont pour but d’améliorer la qualité, le rendement, d’économiser les ressources (comme le temps, les fertilisants et l’eau) ou encore diminuer l’utilisation des produits phytosanitaires.

La plateforme Fruition Sciences s’adapte aux domaines de tout genre, ainsi qu’aux consultants/experts de marnière personnalisée en fonction de leurs objectifs de production.

Elle s’adapte aussi au changement climatique qui impacte fortement la vigne. En effet, le climat est moins stable que les années passées, chaque année est plus chaude que la précédente. Il est donc de plus en plus difficile de s’adapter et de trouver des réponses à ces événements pour la vigne. La plateforme permet d’être plus agile avec ces variations.

 

  • Un développement à l’international ?

Nous avons créé la start-up en 2007 et nous avons vendu notre premier produit en 2008 en Californie. Grâce à certains concours notamment avec la BPI, nous avons pu obtenir des subventions pour lancer la R&D en France à Montpellier en 2009.

En 2012, je décidais de rentrer en France pour étudier le marché français et faire grandir l’équipe technique. Aujourd’hui, l’équipe compte une vingtaine d’employés répartis entre la France et les Etats-Unis.

70% du chiffre d’affaires est réalisé en Californie, le reste en France mais aussi en Amérique du Sud, en Chine, au Portugal, en Italie et en Australie.

Les prochaines étapes pour la start-up se focalisent sur le cycle du produit de la plateforme. En 2017 nous avons mis sur le marché la dernière version de la plateforme : une application personnalisable, facile d’accès pour les clients avec des technologies big data et data sciences.

A long terme, nous ambitionons de rendre la viticulture plus respectueuse de l’environnement en produisant du meilleur vin et en plus grande quantité.