François VONTHRON, la musique comme credo !

Par 9 octobre 2018Actu
De gauche à droite, Kenneth Burns et François Vonthron, co-fondateurs de Mila. ©Aurore Batisse

De gauche à droite, Kenneth Burns et François Vonthron, co-fondateurs de Mila. ©Aurore Batisse

Rencontre avec le co-fondateur de Mila, touche-à-tout entrepreneur, passionné de musique et qui se définit avant tout comme un musicien. Fan de Hockey, sport qu’il a pratiqué. Réincarnation envisagée ? Martin-pêcheur ! Libre de toute contrainte, nous dit-il. Passé par le conservatoire de musique de Nantes puis Paris, Ingénieur diplômé de l’Ensta Paris Tech en acoustique musicale puis Master Innovation Technologique et Entrepreneuriat de l’X où il rencontre son associé. Entrepreneur, investi dans des associations, bref passage dans un grand groupe où la quête de sens n’allait pas de soi, puis par une start-up où il évoque une expérience « difficile mais apprenante ».  Une expérience en communication, au Festival d’Avignon, plus tard et voici venu le temps de lancer son projet, sa start-up  pour associer sa passion pour la musique avec un projet entrepreneurial à forte empreinte pédagogique, thérapeutique et plus globalement sociétale.

François, rencontre son associé lors de son Master 2 à l’X en 2017 et le  «  fit  » a lieu lors de leur semestre à Berkeley. Kenneth, lui, est originaire du Pérou, diplômé en système d’Ingénierie de l’Université de Lima, un bref passage d’un an aux Pays-Bas à l’Université Rijksuniversiteit Groningen pour apporter la brique business à son profil puis il se lance dans la vie active. Trois ans comme consultant dans des grands groupes, EY au Pérou, PWC, puis Project Manager pour 2 ans. Puis, l’idée de faire un deuxième Master 2 et, pourquoi pas à l’X ? Pourquoi pas ! Un master mené tambour battant, entre Palaiseau et Berkeley, l’accélération à X-UP, un investissement comme coach en entrepreneuriat au Zimbabwe plus tard et le voilà associé sur le projet Mila.

C’est sur les bancs de Berkeley que germe l’idée. « A l’époque, nous travaillions sur deux projets différents mais tous les deux liés à l’éducation. A un moment, nous nous sommes dit que nous avions vraiment envie de faire des choses ensemble, on avait un bon « fit » et surtout la fibre musicale. » Un temps appelé bMotion, l’évidence d’associer deux notes de musique pour baptiser la start-up viendra rapidement. L’aventure Mila commence.

« La musique est une nécessité dans le développement de l’enfant, tant sur le plan cognitif qu’interpersonnel »

Mila, le pitch, la vision ?

C’est une solution de rééducation des troubles de l’apprentissage par la musique. Les enfants qui ont ce type de difficultés ont besoin de solutions alternatives, de soutien en parallèle de leur cursus scolaire. Notre ambition est de dire que la musique (et la pratique artistique de manière générale) est une nécessité dans le développement de l’enfant, tant sur le plan cognitif qu’interpersonnel.

Quel(s) entrepreneur(s) es-tu / êtes-vous ?

Passionnés ! Même si ça n’est pas tant l’aspect entrepreneur qui nous définit. C’est plus la mission qu’on s’est fixée sur ce projet-là, qui a toujours été la nôtre sur d’autres projets, qui ont toujours eu pour ligne commune la musique au service des personnes. Ça va bien au-delà de créer une start-up pour une start-up, c’est mettre la musique au service des gens.

L’entrepreneur, pour moi, c’est quelqu’un qui veut réellement avoir un impact social qui ne soit pas uniquement dans une logique de business. Il a une vision pour la société de demain qui n’est pas uniquement centrée sur de l’usage pour répondre à un besoin immédiat. Il s’agit d’aller au-delà et d’avoir une vision sur quelle sera la société et surtout quelle est la société que l’on veut pour dans 5 ans, dans 10 ans, à plus long terme. Et, commencer à agir dès maintenant pour y répondre.

Une réussite ?

Notre plus grand « succès » ? La première fois où l’on a vu un enfant « s’amuser » sur la bêta de Mila. Ça a vraiment été une émotion incroyable.

Un up and down ou down and up ?

J’ai eu plusieurs expériences dont une première en start-up qui a été très dense, très dure et extrêmement formatrice. Par la suite, je suis passé par un travail dans un grand groupe mais ça ne faisait pas sens pour moi. Ça a été un peu le déclic. Même si Mila est un projet pas forcément facile, parfois dur mentalement, on comprend au fur et à mesure que ça fait sens. L’échange avec les usagers donne du sens, une valeur immense à notre entreprise.

Kenneth et toi, vous venez de sortir du master entrepreneuriat de l’X, qu’est-ce que tu retires de cette année de master ?

Le premier point est entrepreneurial, à savoir de toujours passer son temps sur le terrain, tout le temps ; de prendre du temps avec nos futurs usagers. En l’occurrence, pour Mila, avec les enfants, les parents, les thérapeutes, les enseignants.

Le deuxième élément, comprendre l’importance qu’a l’équipe. A quel point les relations d’équipes sont importantes. On entend souvent que l’idée est centrale mais les relations le sont plus. Les personnes avec lesquelles tu bosses, c’est un point clé. Celles avec lesquelles tu te lances au début, c’est la principale leçon pour plus tard.

Six mois d’X-UP, quel(s) apport(s), en deux, trois mots ?

Un réseau de mentors qui est assez incroyable et un premier produit, une première bêta qui tourne auprès de gens qui sont intéressés par cela. On a vraiment pu être accompagnés sur ce développement et sur ce prototypage.

Les six prochains mois pour vous ?

Les premiers résultats cliniques pour l’enfant. Nous travaillons en ce moment avec plusieurs partenaires cliniques pour voir les résultats que l’apprentissage musical spécifique donne pour ces enfants atteints de troubles (dyslexie, dyspraxie, bégaiement). Derrière, l’objectif, ne plus être sur une bêta privée mais publique et continuer à passer notre temps avec les parents, les professionnels de l’éducation pour faire en sorte de rassembler de plus en plus de monde autour de cette solution, continuer à itérer, à faire évoluer notre offre de services.

Dans dix ans ?

Travailler à ce que l’apprentissage par la musique soit largement renforcé dans les écoles primaires et les collèges. Faire en sorte que la musique ne soit plus seulement / simplement considérée comme un loisir ou un enseignement annexe mais comme fondamentale dans le développement de l’enfant. Justement, Mila, dans dix ans, c’est cette interface, cette compagnie qui développe tous ces produits-là à destination également des primaires et des collèges.

L’entrepreneur que tu es dans dix ans, comment tu souhaiterais le voir ?

L’entrepreneur que je serai dans dix ans, il ne sera peut-être plus uniquement sur Mila, il sera peut-être sur d’autres projets. Avec, toujours la musique pour rassembler les gens, toujours la musique au service de l’éducation des personnes. Ça sera toujours présent, quelle que soit sa forme ; que ce soit dans une start-up, que ce soit au sein d’un grand groupe, au niveau des politiques publiques. Le cœur entrepreneurial n’a pas vocation uniquement à être présent que dans une start-up. Etre dans une démarche d’innovation peut se retrouver dans des structures totalement différentes et protéiformes.

Un mot pour des jeunes qui ont l’idée ou pas et/ou qui hésitent à se lancer, qu’est-ce que tu leur dis ?

Très rapidement, la quête de sens se fait ! C’est le moment de s’y mettre, avant d’être absorbé par des logiques de carrière dont il est très difficile de sortir. Quand on est étudiant ou quand on sort tout juste des parcours de formation, c’est à ce moment-là que l’on a une liberté et un espace de créativité qui est tellement important. On peut justement l’exploiter pour développer son projet entrepreneurial ou autre.

Un mojo, une maxime de vie que tu te répètes de temps en temps pour avancer ?

« Lorsque tout semble aller contre vous, souvenez-vous que les avions décollent toujours face au vent. » Henry Ford

Une entreprise que tu admires et vers laquelle tu souhaites faire tendre Mila ?

Meludia. C’est une boite qui fait de l’éducation musicale. Là, nous ne sommes plus sur l’aspect thérapeutique. Une boite qui prône ses valeurs d’éducation musicale pour tous parce que la musique transmet ces valeurs d’écoute de l’autre, d’harmonie et de solidarité.

>> http://mila-learn.com/

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