MultiScreen : Raphaël Tomasi, chercheur et entrepreneur

Parcours d'Entrepreneur

Après un mastère spécialisé en microfluidique à l’ESPCI Paris, Raphaël Tomasi débute une thèse en septembre 2013 au Laboratoire d’Hydrodynamique de l’École polytechnique (LadHyX).  Son sujet de recherche le mène à son projet de start-up. Après l’obtention de sa thèse fin 2016, le chercheur travaille toujours au laboratoire en tant que post doctorant pour développer son projet de techniques microfluidiques adaptées à la culture cellulaire.

  • En quoi consiste le projet MultiScreen ?

« MultiScreen permet d’améliorer la qualité des tests réalisés sur les cellules en laboratoire. Par exemple, les résultats des tests de médicaments obtenus avec des cellules dans les laboratoires pharmaceutiques sont bien trop souvent différents des résultats cliniques, obtenus chez le patient. Cela vient du fait que ces tests utilisent des modèles trop simplistes et éloignés de la réalité, typiquement avec des cellules mises en culture à plat sur des surfaces de plastique (culture 2D).

L’objectif principal du projet MultiScreen est de réaliser un système qui permet de créer des modèles cellulaires plus complexes et plus prédictifs (ce que l’on appelle la culture cellulaire 3D), à haut débit et en gardant une facilité d’utilisation comparable aux cultures simples.

Le cœur de la technologie, c’est la microfluidique. Tous les composants fluidiques sont miniaturisés grâce à des micro canaux de la taille d’un cheveu qui permettent de contrôler finement la position et la manipulation des cellules. Cela permet de réaliser des milliers d’opérations sur une puce microfluidique qui tient dans le creux de la main afin d’étudier de manière automatisée, contrôlée et reproductible la réponse des cellules à des médicaments.

Cette technologie peut permettre d’améliorer de manière importante le développement de médicaments ou la réalisation de tests de toxicité prédictifs au laboratoire. Elle a aussi un grand potentiel dans la médecine personnalisée, particulièrement avec le traitement du cancer. Grâce à notre technologie, les hôpitaux vont pouvoir tester sur la puce plein de conditions différentes directement sur les cellules cancéreuses du patient issues d’une biopsie afin d’optimiser de manière individuelle le meilleur traitement à lui prescrire. En effet, chaque cancer est différent et on cherche aujourd’hui des solutions pour prendre en compte cette diversité et obtenir des traitements plus efficaces. »

  • Comment un sujet de thèse se transforme en start-up ?

« Lors de conférences où je présentais le projet, beaucoup de biologistes présents étaient intéressés par cette technologie qui répond à leurs besoins en laboratoire : utiliser des modèles de culture complexes et donc prédictifs pour réaliser leurs études. Nous avons sondé le marché en consultant différents acteurs et avons constaté un réel intérêt pour ce système de culture cellulaire 3D à haut débit.

C’est donc vers mi 2016 qu’avec mon directeur de thèse Charles Baroud nous avons décidé de débuter cette expérience entrepreneuriale.

Aujourd’hui, les protocoles fonctionnent mais nécessitent un savoir-faire expérimental précis. La prochaine étape sera de créer une machine pour automatiser toutes ces opérations manuelles, ce qui permettra à n’importe quel chercheur d’utiliser très rapidement cette technologie.

En 2019 nous allons ouvrir une plateforme de démonstration à l’Institut Pasteur  (un « Open Lab ») afin de présenter aux chercheurs une première version du prototype automatisé dans un laboratoire complet de culture cellulaire. Les équipes volontaires pourront venir mettre en culture leurs cellules pour découvrir notre technologie et répondre à leurs problématiques scientifiques. »

C’est avec le soutien du LadHyX, de l’Institut Pasteur et les conseils de l’accélérateur X-UP de l’Ecole polytechnique que Raphaël Tomasi poursuit la construction de son projet de biotechnologie.